Chapitre 4

l’Égalité dès le premier jour

Coup de projecteur de l’ONU Genève sur le rôle des femmes dans la science
et la technologie

© Photo ONU - Adam Kane

© ONU Photo - Adam Kane

Depuis bien longtemps, des préjugés et des stéréotypes fondés sur le genre empêchent les filles et les femmes d’étudier ou de faire carrière dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM). Des études ont montré qu’à l’échelle mondiale, seulement 6 % des développeurs d’applications, 17 % des spécialistes des technologies de l’information et des communications (TIC) et 30 % des étudiants en sciences sont des femmes, ce qui contribue à entretenir et creuser le fossé numérique entre les sexes.

En 2019, l’ONU Genève a célébré la Journée internationale des femmes et des filles de science et la Journée des jeunes filles dans le secteur des TIC. Les discussions qui se sont tenues dans le cadre de ces manifestations ont permis d’étudier les moyens de réduire les disparités entre les sexes, ainsi que de mettre en lumière la diversité et le talent des femmes qui participent déjà aux travaux menés dans le domaine des STEM.

Les secteurs des TIC et des STEM comptent parmi ceux qui ont la plus forte croissance et qui recrutent le plus. Les femmes ont un rôle à jouer dans les domaines de la science et de la technologie, qui sont appelés à changer notre façon de vivre, de travailler et de communiquer. Il est donc essentiel de mettre en lumière des expertes et des scientifiques de sexe féminin afin de venir à bout des stéréotypes fondés sur le genre et de promouvoir des figures exemplaires dans ces secteurs, afin que les filles puissent s’y identifier. Le message est clair : « si tu ne peux pas le voir, tu ne peux pas le devenir ».

Voir la vidéo de la manifestation intitulée « Designed for Science » organisée à l’ONU Genève.

Lieux historiques
© Photo ONU - Adam Kane

Cerrie Burnell

Auteure, actrice et présentatrice à la télévision

« J’ai l’impression que le monde que l’on peint, que l’on dessine et que l’on représente est très blanc, bien portant et petit- bourgeois… Il y a tellement d’autres histoires, d’autres chansons et d’autres patrimoines culturels auxquels on ne prête pas attention. C’est comme avoir toute une palette de couleurs à sa disposition et n’utiliser
que le rouge. »

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Lieux historiques

Le projet 100Elles* sur le genre et l’égalité met à l’honneur 100 femmes, personnes intersexes et personnes marginalisées du fait de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, qui ont en commun d’avoir concouru au développement de la ville de Genève.
Il a été lancé par l’Escouade, collectif féministe basé à Genève, en collaboration avec la ville de Genève.

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Bertha Lutz

1894-1976, Vice-Présidente de la Commission interaméricaine des femmes

© ONU Archives Genève – McLain

Bertha Lutz, Vice-Présidente de la Commission interaméricaine des femmes

Bertha Lutz (1894-1976) a eu une vie riche en expériences diverses et variées : née au Brésil, elle a étudié l’erpétologie à l’Université de la Sorbonne puis a travaillé comme scientifique, femme politique (dans son pays natal) et diplomate, sans jamais cesser de lutter pour le droit de vote des femmes.

Fervente défenseuse du droit de vote des femmes au Brésil, Bertha Lutz a été invitée à participer à la rédaction de la nouvelle constitution du pays, qui a accordé le droit de vote aux femmes en 1932. Elle a continué de se battre pour les droits des femmes dans le monde par l’intermédiaire de plusieurs organisations nationales et internationales. Après des années de campagne, Bertha Lutz a été élue membre du Congrès brésilien en 1936. L’arrivée au pouvoir d’un nouveau régime a mis fin à son mandat en 1937, mais pas à son combat pour les droits des femmes.

En 1945, en sa qualité de membre de la délégation brésilienne à la Conférence des Nations Unies sur l’Organisation internationale, Bertha Lutz fut l’une des quatre femmes signataires de la Charte des Nations Unies, à San Francisco. Elle s’est battue pour que les termes « égalité des sexes » et « femmes » soient inclus dans la Charte, ce qu’elle a obtenu à force de persévérance. Bertha Lutz a poursuivi sa carrière diplomatique jusqu’au bout et a participé à la Conférence mondiale sur les femmes, organisée par l’ONU au Mexique, en 1975, alors qu’elle avait 83 ans. Elle a également poursuivi ses travaux de recherche scientifique tout au long de sa vie et rédigé de nombreuses publications. Cinq amphibiens ont été nommés en son honneur.

Réflexions de l’ONU Genève sur l’égalité des sexes

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© UN Women-Ryan Brown

Un plan d’action à l’échelle du système des Nations Unies, appelé ONU-SWAP, a été mis en place. Cet outil phare sert de dispositif d’application du principe de responsabilité pour les questions ayant trait à l’égalité des sexes et à l’avancement des femmes. Adopté en 2012, il établit un ensemble d’indicateurs communs permettant d’évaluer les progrès accomplis sur la voie de l’égalité des sexes.

Comme elle s’y était engagée en 2019, l’ONU Genève a décidé, pour la première fois, de publier les résultats obtenus au cours des cinq dernières années dans le cadre du plan d’action. À ce jour, la plupart des objectifs fixés ont été atteints ou dépassés, en particulier en matière d’encadrement, d’orientations générales et de communication. L’égalité des sexes est une des priorités du Secrétaire général. Tant qu’il n’y aura pas de véritable égalité des sexes, il faudra redoubler d’efforts pour garantir une représentation égale des femmes et des hommes et atteindre tous les objectifs du plan d’action ONU‑SWAP.

Savoir plus sur les efforts déployés à l’ONU Genève pour garantir l’égalité des sexes.

Lieux historiques
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Joshua Sinclair

Romancier, scénariste pour le cinéma et la télévision, acteur, producteur, réalisateur et médecin.
« Les inégalités sont généralement déterminées par ceux qui se considèrent meilleurs, parce qu’ils sont plus puissants, plus riches, plus beaux…
Si nous avons le pouvoir de créer des inégalités, nous avons aussi le pouvoir de créer l’égalité. »
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Faire de l’égalité des sexes une réalité à l’ONU Genève

© Photo ONU - Adam Kane
L’ONU Genève a fait d’importants progrès ces dernières années sur la voie de l’égalité des sexes, fondement essentiel d’un monde plus pacifique, plus prospère et plus durable. Les efforts déployés dans le cadre de l’initiative Champions internationaux de l’égalité des sexes, lancée en 2015 par le Directeur général de l’ONU Genève et d’autres dirigeants, se poursuivent. En dépit de ces efforts, les femmes continuent d’être sous‑représentées parmi les membres du personnel de l’ensemble du système des Nations Unies.

Les Champions internationaux de l’égalité des sexes se sont engagés, en leur qualité de dirigeants des entités des Nations Unies, à faire progresser l’égalité des sexes dans leur organisation et à ne pas participer aux tables rondes lorsque l’équilibre entre les sexes n’est pas respecté. Lancée à Genève avec 74 champions, l’initiative est en plein essor et on dénombre aujourd’hui plus de 235 champions parmi les dirigeants d’entités basées dans cinq villes, dont New York, Vienne, Nairobi et La Haye.

À l’ONU Genève, cette initiative a eu un véritable impact et a notamment abouti à la mise en place de la toute première politique d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes, qui s’appuie sur un dispositif d’application du principe de responsabilité pour le personnel d’encadrement et les autres membres du personnel, et sur une enquête visant à mesurer les progrès réalisés. Elle a permis d’obtenir une parité femmes-hommes presque complète parmi les membres du personnel des rangs inférieur et intermédiaire, de lutter contre le sexisme ordinaire au travail, de mener à bien un projet d’élaboration de recommandations novatrices, d’améliorer l’accès à des programmes d’autonomisation pour les femmes et d’offrir des conditions de travail plus souples.

L’égalité des sexes est inscrite dans la Charte des Nations Unies, et le système des Nations Unies joue lui-même un rôle de premier plan dans l’action menée pour atteindre la parité des sexes tout en garantissant un environnement de travail favorable à tout le personnel. L’ONU Genève est déterminée à faire progresser l’égalité des sexes dans le cadre de tous ses travaux.

« Il est évident que nous n’atteindrons aucun de nos objectifs si la moitié de l’humanité est mise de côté », a affirmé Tatiana Valovaya, première femme Directrice générale de l’Office des Nations Unies à Genève. Ayant travaillé dans des milieux majoritairement masculins tout au long de sa carrière, elle a pour objectif de garantir l’égalité des chances entre les femmes et les hommes à l’ONU Genève et ailleurs.

En sa qualité de Championne internationale de l’égalité des sexes, la Directrice générale s’est engagée à :

  • Soutenir l’Engagement en faveur de la parité femmes-hommes dans les panels ;
  • Mener une enquête de suivi de l’opinion du personnel sur l’égalité des sexes à l’ONU Genève afin d’évaluer l’incidence des mesures relatives à l’égalité des sexes prises par le passé et de contribuer à l’élaboration de la politique de l’ONU Genève en faveur de l’égalité des sexes;
  • Appuyer le défi relatif à l’innovation en matière d’égalité des sexes du personnel de l’ONU Genève afin de faire émerger des idées novatrices et concrètes pour favoriser l’égalité des sexes au sein de l’Organisation.

Voir la vidéo de présentation de l’action que mène l’ONU Genève pour atteindre l’égalité des sexes.

Lieux historiques

Le château de l’Impératrice

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© ONU Photo: Adam Kane

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Domaine public - Peinture de l'impératrice Joséphine par François Pascal Simon Gérard

Une petite route portant un nom curieux, le chemin de l’Impératrice, relie le nord du parc de l’Ariana, la route de Pregny et le lac Léman.

Ce nom rend hommage à une ancienne résidente du Château de Pregny-La-Tour, Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie (1763-1814). Joséphine perdit son premier époux, le Vicomte de Beauharnais, pendant la Révolution française. Quelques années plus tard, elle rencontra son futur second époux, un jeune officier corse, appelé Napoléon Bonaparte. Avant cette rencontre, elle portait le nom de « Rose » mais Napoléon lui préférait celui de « Joséphine », qu’elle conserva par la suite. Joséphine et Napoléon se marièrent en 1796 et devinrent Empereur et Impératrice de France en 1804.

Lorsque Napoléon divorça d’elle en 1810, Joséphine se retira dans son château de Malmaison, près de Paris. En 1810, elle acquit le Château de Pregny-La-Tour et fit rénover ce bâtiment médiéval. Sensible à la beauté du paysage naturel de la région genevoise et sous le charme de ses habitants, Joséphine s’installa au Château en juillet 1812 pour y passer l’été, avant de retourner dans sa demeure en France, l’automne venu.

Pendant son séjour, Joséphine fut chaleureusement accueillie par les Genevois et participa à la vie sociale de la ville. Elle n’eut malheureusement jamais l’occasion de retourner à Pregny et périt deux ans plus tard. Le Château est aujourd’hui le siège de la Mission permanente de l’Italie auprès de l’Organisation des Nations Unies à Genève.

Durant toute sa vie, Joséphine eut la passion des plantes. Elle transforma les jardins du Château de Malmaison grâce à une collection remarquable de plantes exotiques, pour la plupart cultivées dans sa pépinière. L’Impératrice fit appel à un célèbre botaniste, Étienne‑Pierre Ventenat, qui associa ses talents à ceux d’un artiste de renom, Pierre‑Joseph Redouté, pour décrire la somptueuse collection. Entre 1800 et 1808, le botaniste et le peintre créèrent un herbier composé d’un ensemble de livres recensant les noms des plantes de la collection, accompagnés de descriptions et d’illustrations. En 1808, à la mort d’Étienne-Pierre Ventenat, le fameux herbier intitulé « Jardin de la Malmaison », véritable chef d’œuvre d’illustration botanique, fut vendu aux enchères et devint la propriété de Benjamin Delesser, qui en fit don à la ville de Genève en 1869. Cette collection magnifique se trouve encore aujourd’hui dans les archives du Conservatoire et du Jardin botanique de Genève, qui se situe de manière très opportune chemin de l’Impératrice, en face du château de l’Impératrice.

Percer le plafond de verre

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À l’échelle mondiale, les femmes occupent une place de plus en plus importante dans des professions autrefois réservées aux hommes. Le Plan stratégique patrimonial pour le Palais des Nations, doté d’un budget de 836,5 millions de francs suisses, prévoit la participation de nombreuses femmes à des postes hautement techniques, y compris des architectes, des maquettistes, des ingénieures, une spécialiste de la gestion du changement et une gestionnaire des risques. Ces femmes aux profils variés et aux parcours professionnels remarquables sont originaires de plus de 20 pays et représentent les cinq groupes régionaux d’États Membres de l’ONU. À elles seules, elles parlent plus d’une douzaine de langues, dont les six langues officielles de l’ONU et des langues moins courantes, comme l’amharique et le tigrigna.

« Outre la nécessité de passer de la parole aux actes en mettant en place des quotas et en les respectant, l’Organisation a beaucoup à gagner à recruter un plus grand nombre de femmes. Je peux le constater tous les jours dans le cadre du Plan stratégique patrimonial pour le Palais des Nations. Les compétences, la diversité, le savoir-faire et les atouts qu’apportent nos collègues féminines sont une aide précieuse pour ce projet », a déclaré Véronique Neiss, Chef du Service de la conception et de la construction.

Ces femmes percent le plafond de verre dans des domaines traditionnellement réservés aux hommes et contribuent grandement à l’un des plus vastes projets de rénovation en cours en Europe.

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Amber Heard

Actrice, militante des droits de l’homme
« Les droits des femmes sont des droits fondamentaux et je suis convaincue que le vrai changement passe par la parole. Nous devons faire évoluer les comportements en faisant évoluer la parole, que ce soit au travail ou à la maison, en famille ou
avec nos amis. »
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L’ONU Genève promeut la diversité, l’égalité et l’inclusion de tous

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© UN Globe Photo

« L’Organisation des Nations Unies défend les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI). Nombre de ces personnes sont emprisonnées, maltraitées et même tuées simplement pour ce qu’elles sont ou qui elles aiment », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ajoutant que « tant que des personnes continueront d’être poursuivies et de faire l’objet de discrimination ou de violences en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leurs caractéristiques sexuelles, nous devrons continuer de nous battre pour mettre fin à ces violations ».

En 2019, plus de 400 fonctionnaires, stagiaires et consultants de l’ONU Genève et des organismes des Nations Unies basés à Genève, ainsi que des proches et des alliés des personnes LGBTI, ont participé à la Marche des Fiertés de la Geneva Pride sous la bannière d’UN GLOBE.

Pendant les célébrations de la semaine de la Geneva Pride, UN GLOBE a organisé un débat et distribué des documents d’information sur les droits des personnes LGBTI élaborés par des organismes des Nations Unies.

En juillet, dans le cadre de ces manifestations, Ciné-ONU a projeté un documentaire intitulé « Queen of Ireland ». La projection a été suivie d’un débat en présence de Rory O’Neill, alias Panti Bliss, personnage principal du documentaire, « drag queen » et militant LGBTI qui se bat pour l’égalité et lutte contre l’homophobie en Irlande et dans le reste du monde.

Afin de soutenir la campagne « Libres et égaux » des Nations Unies, l’ONU Genève a contribué à l’élaboration d’un programme consacré aux droits des personnes LGBTI témoignant des activités que mène l’ONU pour lutter contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, le 17 mai, des présentations ont été faites au Lycée international de Ferney-Voltaire et au Lycée international de Saint-Genis-Pouilly. Plus de 120 lycéens y ont participé.

En sensibilisant les jeunes aux questions relatives à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, aux préjugés et à la discrimination, l’ONU Genève leur donne les moyens de lutter contre la haine et la discrimination. L’ONU s’emploie résolument à promouvoir la diversité et l’inclusion au sein de l’Organisation et à lutter pour l’égalité universelle afin que chacun puisse vivre librement, dans la dignité et en jouissant de l’égalité des droits.

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Rory O’Neill

Militant LGBTI irlandais
« Les inégalités ne sont pas l’apanage d’un seul groupe. Les inégalités dont la communauté LGBTI est victime ne concernent pas que les personnes touchées, la société dans son ensemble en souffre. »
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Yalitza Aparicio

Actrice, Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour les peuples autochtones
« Je suis une femme autochtone, une Mixtèque. J’ai grandi en pensant que je ne pourrais jamais connaître le succès que je rencontre aujourd’hui. Qu’à cause de leur couleur de peau ou de leur statut socioéconomique, certaines personnes ne peuvent pas avoir cette vie. Mais la société ouvre enfin les yeux et les gens se rendent compte que ces stéréotypes n’ont pas d’importance. Ce qui compte, c’est la volonté de faire avancer les choses. »
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