Chapitre 5

Travailler d’une seule voix

Le multilinguisme favorise la compréhension et la diversité

© ONU Photo - Adam Kane

Le multilinguisme est essentiel pour favoriser la compréhension mutuelle et la diversité, préserver le patrimoine culturel et veiller à ce que nul ne soit laissé pour compte dans le cadre des initiatives multilatérales.

L’ONU Genève s’efforce de garantir une participation active et accrue de tous. Dans le cadre du défi « multilinguisme » lancé à l’ONU Genève, le personnel a été invité à prendre l’engagement − aussi modeste soit-il − de soutenir le multilinguisme.

Au cours de l’année, le personnel a ainsi pris un large éventail d’engagements personnels et professionnels. Parmi ces engagements, on peut citer le fait de parler au moins une langue supplémentaire au travail chaque jour, de suivre des cours de langue, d’encourager le personnel à utiliser l’une des langues de travail de l’ONU Genève (l’anglais ou le français) dans les réunions et d’insister pour que toutes les communications soient rédigées dans les deux langues de travail.

Par ailleurs, en août, la Directrice générale a invité tous les chefs des organismes des Nations Unies à Genève à s’engager à devenir des champions du multilinguisme, en lançant chaque année une initiative pour promouvoir le multilinguisme dans leur institution.

L’objectif est de maintenir la diversité linguistique au sein du personnel et de faire en sorte que l’ONU soit vraiment un lieu de travail multilingue, diversifié et inclusif.

Le défi « multilinguisme » et les engagements pris montrent bien que nous avons tous un rôle à jouer dans l’appui au multilinguisme. Il s’agit là d’un effort important pour renforcer les bases du système multilatéral, le cœur même de l’ONU Genève.

Soutenez le multilinguisme à l’ONU Genève.

Des feuillets du manuscrit Guerre et Paix de Léon Tolstoï présentés pour la première fois à Genève.

Chap5_Tolstoy’s war and peace lands in Geneva_1

© ONU Photo - Daniel Johnson

Clou de l’exposition Guerre et Paix de la Fondation Martin Bodmer, six feuillets du manuscrit original de Tolstoï ont illustré les réalités intemporelles de la guerre et de la paix.

« Pour nous, il s’agit vraiment de tirer les leçons du passé, de travailler pour la paix, à tous les niveaux », a déclaré la Directrice générale de l’ONU Genève, Tatiana Valovaya, à propos de l’exposition, « et la meilleure façon de garantir la paix est de renforcer le multilatéralisme ».

C’était la toute première fois que ces feuillets manuscrits, rédigés entre 1864 et 1869, quittaient le musée Tolstoï de Moscou pour être acheminés à Genève sous haute sécurité.

L’exposition commémorait 100 ans de multilatéralisme depuis la création de la Société des Nations, la première organisation intergouvernementale qui avait pour principale mission de préserver la paix dans le monde.

Visionner une vidéo sur l’exposition et les manuscrits présentés à Genève.

Chap5_Tolstoy’s war and peace lands in Geneva_2

© Fondation Martin Bodmer Photo - Naomi Wenger

historical places

Tolstoï à la villa Le Bocage

 

Chap5_Tolstoy in the Bocage

Domaine Publique - Leo Tolstoy, 1860

Le grand auteur russe, Léon Tolstoï (1828-1910), était un fervent défenseur du pacifisme et de la résistance non violente, thèmes qu’il a souvent traités dans ses écrits. Guerre et Paix, l’épopée littéraire de Tolstoï, est considérée comme l’un des meilleurs romans jamais écrits sur deux aspirations conflictuelles de l’humanité : se battre et vivre ensemble.

Tolstoï vient en Suisse pour la première fois en 1857, après avoir quitté l’armée et sa fiancée pour se consacrer à la littérature. Pendant ce séjour, il rencontre souvent sa cousine, la comtesse Alexandra Andreïevna Tolstaïa, à la villa Le Bocage, et il se plonge dans l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, qui fut pour lui une source d’inspiration.

Il parcourt une grande partie de la Suisse à pied, depuis Genève jusqu’à Montreux et Meiringen. Pendant son séjour helvétique, Tolstoï travaille sur son roman Les Cosaques et sur une nouvelle, Lucerne.

Bien que plus de 200 ans séparent le monde de Guerre et Paix du nôtre, la préoccupation de Tolstoï pour la condition humaine et sa défense du pacifisme ont conservé toute leur pertinence. Il semble donc naturel que son séjour à Genève se soit déroulé à la villa Le Bocage, dans le parc de l’Ariana, qui abrite aujourd’hui plusieurs organismes de l’ONU.

Gestion des conférences

Préserver la diversité linguistique à l’ère du numérique

Chap5_Preserving language diversity_1

© ONU Photo - Adam Kane

Malgré leur immense valeur, des langues continuent de mourir partout dans le monde à un rythme alarmant. Il en existe environ 7 000, mais près de 40 % d’entre elles − pour la plupart autochtones − sont menacées de disparition. C’est pourquoi l’ONU a proclamé 2019 Année internationale des langues autochtones.

L’ONU Genève a célébré le 21 février la Journée internationale de la langue maternelle, qui met en valeur la riche mosaïque de langues et de cultures du monde entier et a eu en 2019 pour thème « Les langues autochtones, ça compte pour le développement, la construction de la paix et la réconciliation ».

Les participants ont appris des rudiments des six langues officielles de l’ONU ainsi que de l’allemand, du chichewa, du quechua, du singhalais, du suédois et du yoruba. Au cours d’un débat consacré aux moyens de préserver la diversité des langues à l’ère du numérique, ils ont découvert un projet de cartographie linguistique, passé en revue l’expérience de la Suisse en matière de préservation du romanche (qui compte encore 60 000 locuteurs), et examiné la façon dont les nouvelles technologies peuvent contribuer à la préservation des langues autochtones et les problèmes qu’elles soulèvent à cet égard.

Entendre certaines des langues parlées par le personnel de l’ONU.

Chap5_Preserving language diversity_2

© ONU Photo - Adam Kane

Célébrer le multilinguisme

Les Journées des langues de l’ONU visent à contribuer au multilinguisme et à la diversité culturelle, tout en montrant l’importance des six langues officielles de l’Organisation : l’anglais, l’arabe, le chinois, l’espagnol, le français et le russe. Ces journées servent également à mettre en valeur l’histoire, la culture et l’utilité de chacune de ces langues.

Chap5_Celebrating Multilingualism_Arabic

© ONU Photo - Matija Potocnik

 

L’ARABE :
18 décembre
La beauté unique de l’art et de la culture arabes a été mise en vedette à l’occasion de la Journée de la langue arabe. Des moments forts ont ponctué toute cette journée : présentation d’extraits de la littérature arabe, concert en direct, lecture faite par la poétesse syrienne Nada Menzalji et présentation d’une courte vidéo par l’artiste eL Seed, qui fusionne la calligraphie arabe avec des graffitis pour livrer des messages d’espoir et de paix en couleurs sur des bâtiments du monde entier.

En savoir plus

Chap5_Celebrating Multilingualism_Chinese

© ONU Photo - Adam Kane

 

LE CHINOIS :
20 Avril
L’exposition interactive A Living Story of Two Millennia: Past and Present of Chinese Architecture retrace l’évolution de l’architecture chinoise au cours de l’histoire, ainsi que les principes artistiques et la philosophie qui l’ont inspirée. Cette exposition a été organisée pour célébrer la Journée de la langue chinoise pendant toute une semaine en avril.

Il s’agissait de présenter les principes fondateurs de la culture chinoise que sont l’harmonie entre l’homme et la nature, l’ouverture et l’inclusion, le respect du patrimoine, l’innovation et l’équilibre dynamique, et de mettre en relief l’architecture sur l’ancienne route de la soie, les objets culturels, le design moderne et l’aménagement urbain. Une dégustation de plats chinois, un atelier interactif et des jeux avec des artistes et des architectes chinois ont aussi été organisés à cette occasion.

En savoir plus

Chap5_Celebrating Multilingualism_English

© ONU Photo - Iryna Turtaieva

 

L’ANGLAIS :
23 Avril
La littérature pour enfants peut contribuer à surmonter les stéréotypes, à promouvoir une culture des droits de l’homme et à encourager les enfants à être des agents de changement. La manifestation « English: It’s child’s play », organisée à l’occasion de la Journée de la langue anglaise à l’ONU Genève, visait aussi à examiner comment la littérature pour enfants peut se faire l’écho des droits de l’homme.

En savoir plus

Chap5_Celebrating Multilingualism_French

© ONU Photo - Iryna Turtaieva

 

LE FRANÇAIS :
20 Mars
Différentes activités, comme une comédie musicale, des chants folkloriques traditionnels et une chorale de chansons francophones, ont été organisées pour célébrer la Journée de la langue française à l’ONU Genève en mars 2019.

Regarder une vidéo sur cette manifestation

En savoir plus

Chap5_Celebrating Multilingualism_Russian

© ONU Photo - Iryna Turtaieva

 

LE RUSSE:
6 Juin
Les chansons d’amour russes, ô combien intimes et sensibles, sont étroitement liées à la poésie lyrique et se caractérisent par plus de liberté et d’émotion que les chants traditionnels. La culture russe a été célébrée à l’ONU Genève en 2019 avec un spectacle de Dmitri Nazarov et d’Olga Vasilieva, deux grands artistes russes, à l’occasion de la Journée de la langue russe.

Une exposition interactive a permis aux participants d’en apprendre davantage sur les 33 lettres de l’alphabet cyrillique − avec 33 expressions familières bien connues des russophones. L’exposition a également permis de partager des récits intéressants sur la culture, la gastronomie, la littérature et l’architecture russes.

En savoir plus

Chap5_Celebrating Multilingualism_Spanish

© ONU Photo - Adam Kane

 

L’ESPAGNOL:
10 Octobre
La conteuse espagnole Casilda Regueiro et le groupe musical Timekey ont participé au spectacle Huellas de Mujer (Empreintes de femmes) pour marquer la Journée de la langue espagnole. Avec émotion et théâtralité, le groupe a diverti le public avec un recueil d’histoires traditionnelles sur les femmes, le pouvoir, l’amour et le chagrin. Le public était composé d’adultes et d’enfants, parmi lesquels beaucoup ont chanté des chansons populaires en espagnol.

Une exposition de dessins politiques de l’illustrateur mexicain Ulises Culebro, Lengua Nostra, a aussi été organisée pour mettre en avant la beauté des cultures hispanophones.

En savoir plus

Journée internationale des langues des signes

Chap5_International day of sign languages_1

© ONU Photo - Adam Kane

Les langues des signes vont bien au-delà des mots. De nombreuses personnes ont pour première langue ou langue préférée la langue des signes, qu’elles utilisent pour se connecter au monde et communiquer.

En célébrant la Journée internationale des langues des signes, le 19 septembre, l’ONU Genève a exploré toute la beauté et toute la diversité de ces langues.

Au nombre des animations de la journée figuraient un café en langue des signes, une table ronde et une visite guidée du Palais des Nations en langue des signes.

En outre, une troupe de théâtre a donné une représentation sur le thème « Rien de plus humain que la langue des signes », dans laquelle elle a mis en lumière la diversité de la communauté sourde et illustré la façon dont les langues des signes se jouent des frontières.

Les manifestations organisées à l’ONU Genève ont rappelé qu’en plus de renforcer l’accessibilité et l’inclusivité, les langues des signes offrent à tous la possibilité de participer aux processus multilatéraux.

Voir certaines des activités organisées à l’ONU Genève à l’occasion de la Journée internationale des langues des signes.

Chap5_International day of sign languages_2

© ONU Photo - Adam Kane

Accessibilité : travailler dans un langage simple

Chap5_Accessibility-working in plain language

© ONU Photo - Kim Kenny

Parlez lentement. Utilisez des mots simples. Faites des phrases courtes. Utilisez peu d’acronymes.

Il peut être difficile de suivre des débats si le langage est compliqué et jargonneux. Cela est particulièrement vrai dans les réunions et les conférences multilatérales, qui rassemblent, pour débattre de questions complexes, des personnes d’origine, de culture et de langue différentes, qui peuvent être handicapées ou avoir des difficultés d’apprentissage.

Un langage simple, c’est une écriture et une parole claires, concises et bien organisées, adaptées au sujet et au public visé. On considère qu’un langage est simple si le public peut trouver l’information dont il a besoin et comprendre le contenu du message la première fois qu’il le lit ou l’entend.

Puisqu’il n’existe pas de définition convenue du langage simple, il est important de garder à l’esprit que ce qui semble clair à certains peut ne pas l’être pour d’autres.

Techniques pour rédiger simplement

  • Toujours penser au lecteur auquel on s’adresse
  • Utiliser de préférence le « vous » et d’autres pronoms
  • S’exprimer à la voix active plutôt qu’au passif
  • Faire des phrases et des paragraphes courts
  • Utiliser des mots du quotidien
  • Construire une structure facile à comprendre (listes, en-têtes, tableaux).

En savoir plus sur le langage simple à l’ONU Genève.